années 1970  

1972–J.O. de Munich

 

 

 

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La prise d'otages des Jeux olympiques de Munich 

 

Eu  lieu au cours des Jeux olympiques d'été de 1972 à Munich en Allemagne de l'Ouest. Le 5 septembre, des membres de l'équipe olympique d'Israël ont été pris en otage et assassinés par des membres de l'organisation palestinienne Septembre noIir.

Le bilan de la prise d'otages est de onze membres de l'équipe olympique israélienne assassinés et d'un policier

ouest-allemand tué. Cinq des huit terroristes ont été tués, les trois autres blessés!

Contexte

Cet événement fait suite à la guerre des Six Jours et à la résolution . 242 de l'ONU[] de 1967, qui exige qu'Israël restitue les terres conquises lors de cette guerre aux différents pays arabes. En échange, ces États doivent reconnaître l'État d'Israël. Les Palestiniens sont alors placés sous occupation israélienne. L'organisation Septembre noir tire son nom des évènements de septembre 1970, qui ont vu Jordaniens et OLP s'affronter très violemment’.

La prise d'otages

Le 5 septembre 1972 à 4h30 du matin, tandis que les athlètes israéliens dorment, huit membres de l'organisation terroriste palestinienne Septembre Noir, vêtus de survêtements afin de se faire passer pour des sportifs et transportant des sacs chargés de fusils d'assaut, de pistolets et de grenades, franchissent grâce à l'aide d’athlètes canadiens (même si on a longtemps cru qu'ils étaient américains) qui les ont pris pour des homologues, une clôture grillagée afin de s'introduire dans le village olympique. Puis ils pénètrent dans l'immeuble au 31 Connollystraße, dans lequel se trouvent les deux appartements utilisés par la délégation israélienne, 21 sportifs et encadrants.

Un membre de la délégation israélienne, Yossef Gutfreund (en), alerté par le bruit du commando qui vide ses sacs dans le hall de l'immeuble fait barrage avec son corps à la porte criblée de balles, tandis qu'il prévient ses camarades en criant « Attention, terroristes ! » La tentative de barrage de Gutfreund donne assez de temps à son compagnon de chambre, l'entraîneur d'haltérophilie Tuvia Sokolovsky, pour briser une fenêtre et se sauver. Moshe Weinberg (en), entraîneur de lutte, tente de s'interposer à son tour, mais les assaillants lui tirent une balle dans la joue, le forçant à leur indiquer où se trouvent ses autres camarades. Il les attaque de nouveau, permettant ainsi à l'athlète Gad Tsobari (en) de s’échknapper, et est aussitôt assassiné. Yossef Romano (en), un haltérophile, tente lui aussi de s'opposer aux terroristes avec un couteau à fruit ; il blesse l'un d'entre eux avant d’être abattu

L'assaut des Palestiniens se solde par la prise d'otage de neuf membres de la délégation Israélienne. En plus de Yossef Gutfreund, les autres otages sont : l'entraîneur de tir sportif Kehat Shorr (en), l'entraîneur d'athlétisme Amitzur Shapira (,en), l'entraîneur d'escrime André Spitzer (en), l'entraîneur d'haltérophilie Yacov Springer, les lutteurs Eliezer Halfin (en) et Mark Slavin, et les haltérophiles David Mark Berger (en) yet Zeev Friedman. Les autres membres de la délégation réussissent à fuir en sautant des balcons ou en se cachant dans l'immeuble. À 4 h 47, une femme de ménage alertée par les coups de feu prévient le poste de sécurité du village olympique, qui envoie un garde non armé sur les lieux. Ce dernier aperçoit un homme encagoulé, arme à la main, derrière la vitre de l'immeuble. À 5 h 08, les terroristes font parvenir aux policiers leurs revendications, déclarant qu’à compterait  de 9 h, ils abattront un otage toutes les heures et jetteront son corps dans la rue si celles-ci ne sont pas acceptées.

 

 

 

 

Négociations.

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Le groupe terroriste demande la libération et le passage.

en Égypte de 236 militants palestiniens détenus en Israël, ainsi que de deux prisonniers allemands d'extrême gauche, Ulrike Meinhof et Andreas Baader, en Allemagne. Le premier ministre israélien Golda Meir répond immédiatement et très fermement qu'il n'y aura aucune négociation. Afin de montrer leur détermination, les terroristes jettent par le balcon le corps de Moshe Weinberg.

Une cellule de crise est mise en place par le gouvernement ouest-allemand, dirigée par le chef de la police munichoise Manfred Schreiber, le ministre de l’Intérieur Hans-Dietrich Genscher et le ministre de l’Intérieur bavarois Bruno Merk. Schreiber offre aux terroristes une quantité illimitée d'argent, qu'ils refusent. Selon le journaliste John K. Cooley, la réponse est « l'argent ne signifie rien pour nous ; nos vies ne signifient rien pour nous. ». Toutefois, ils acceptent à cinq reprises de repousser leur ultimatum.

À cinq heures de l’après-midi, ils demandent que soit mis à leur disposition un avion pour se rendre au Caire avec leurs otages. Les négociateurs exigent un contact direct avec les otages pour s'assurer qu'ils sont encore en vie. André Spitzer et Kehat Shorr, deux des Israéliens parlant couramment l'allemand, ont une brève conversation avec les responsables allemands alors qu'ils se tiennent à la fenêtre du deuxième étage du bâtiment assiégé, tenus en joue par deux des Palestiniens. Lorsque Spitzer tente de répondre à une question il est matraqué avec la crosse d'un fusil d'assaut AK-47 et disparaît de la fenêtre.i

Quelques minutes plus tard, Genscher et Walter Tröger, le maire du village olympique, sont brièvement autorisés à pénétrer dans les appartements afin de parler avec les otages. Tröger mentionnera la dignité avec laquelle les otages israéliens font face à la situation et note « qu'ils sembl[ent] résignés à leur sort ».

Il remarque également que plusieurs des otages, en particulier Gutfreund, ont subi des sévices et que David Berger a reçu une balle dans l'épaule gauche. En outre, le corps de Yossef Romano semble avoir subi des mutilations génitales . Genscher comme le légiste allemand ont totalement et immédiatement nié les allégation de torture ou de castration Genscher et Tröger déclarent avoir vu « quatre ou cinq assaillants » à l'intérieur de l'appartement .

Après avoir considéré divers scénarios en vue de libérer les otages, les autorités allemandes mettent à la disposition des terroristes un bus afin de les transférer avec leurs otages vers deux hélicoptères censés les amener à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruck Air Base de l'OTAN.

dénouement

Un Boeing 727 est positionné sur le tarmac

 

de la Fürstenfeldbruck Air Base avec cinq ou six policiers armés à l'intérieur habillés comme membres d'équipage.

Le plan des Allemands est de maîtriser deux des combattants avant d'inspecter l'appareil, ce qui doit donner aux tireurs d'élite une chance de tuer ceux restés dans les hélicoptères, puisqu'on estime qu'ils ne sont que deux ou trois. Toutefois, avec le transfert, la cellule de crise découvre que les terroristes sont au nombre de huit. À la dernière minute, alors que les hélicoptères sont sur le point d’atterrir à Fürstenfeldbruck, les policiers allemands à bord de l'avion votent pour l'abandon de leur mission sans consulter leur commandement central. Seuls les cinq tireurs d'élite positionnés sur le tarmac restent en position afin d'essayer de neutraliser un groupe plus nombreux et plus lourdement armé qu'attendu.

Les hélicoptères atterrissent peu après 22 h 30 et six des terroristes en sortent. Pendant que quatre des terroristes gardent les pilotes en respect avec leurs armes, deux autres vont inspecter le jet mis à leur disposition, et le trouvent vide. Réalisant qu'ils sont tombés dans un piège, ils courent rapidement vers les hélicoptères, vers 23 h. Les autorités allemandes donnent l'ordre aux tireurs d'élite d'ouvrir le feu.

Les cinq tireurs d'élite allemands, recrutés en catastrophe dans des clubs de tir de la région, n'ont pas de contact radio entre eux et ne peuvent donc pas se coordonner. Leurs fusils n'ont pas de lunettes ni d'équipements de vision de nuit. Dans le chaos qui s'ensuit, deux terroristes se tenant près d'un des pilotes sont tués, et un troisième est mortellement blessé en fuyant. Les trois qui restent détruisent un grand nombre de projecteurs. Un policier allemand se trouvant dans la tour de contrôle, Anton Fliegerbauer, est tué. Les pilotes de l'hélicoptère parviennent à s'enfuir, mais pas les otages car ils sont attachés dans l'appareil[8].

Il y a ensuite 75 minutes d'échanges de coups de feu, durant lesquelles la police allemande demande tardivement l'assistance de véhicules blindés. Ces derniers ne se trouvent pas dans l'aéroport au début de la fusillade, et mettent plus de 30 minutes à arriver car de nombreuses voitures roulent vers la base aérienne, les habitants de l'agglomération de Munich venant voir ce qui se passe.

Les véhicules blindés arrivent finalement vers minuit, permettant de sortir de l'enlisement. D'après le journaliste américain John Cooley, à 0 h 04 le 6 septembre, l'un des terroristes saute du premier hélicoptère. Il se tourne et tire sur les otages, tuant Springer, Halfin et Friedman, et blessant Berger. Ensuite il dégoupille une grenade et la jette dans le cockpit, où elle explose. Alors que le premier hélicoptère brûle, les autres terroristes tirent sur les camions de pompiers pour les empêcher de s'approcher, tandis qu'un dernier exécute à bout portant les cinq autres otages, Gutfreund, Schorr, Slavin, Spitzer et Shapira.

Trois des terroristes couchés sur le ventre à proximité, dont deux d'entre eux faisant le mort, sont capturés. Quarante minutes plus tard, avec l'aide de chiens et des gaz lacrymogènes, la police en retrouve un autre essayant de se cacher. La tentative d'arrestation échoue, et il est tué dans une fusillade.

Les échanges de tirs prennent fin vers 0 h 30, près de trois heures après le début de la tentative ratée de sauvetage par la police allemande d'une opération qui, selon un fonctionnaire impliqué était « vouée à l'échec dès le départ ».

Les Allemands n'expliqueront pas de façon satisfaisante pourquoi ils n'ont pas déployé deux ou trois tireurs d'élite pour chaque terroriste. Les hommes engagés dans l’opération n'avaient pas de fusils de précision, ni de gilets pare-balles, ni d’équipement de vision nocturne!

 

Date de dernière mise à jour : samedi, 08 Septembre 2018